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Suicid(e) Squad – Regardez Assault on Arkham.

suicide squadSi l’annonce d’un tel film avait de quoi déconcerter à l’époque, c’est toujours le cas aujourd’hui. Alors qu’on nous promettait Batman V. Superman, dans la foulée et dans un univers que Warner tentait de construire, Suicid(e) Squad devait venir étayer des fondations déjà pas bien solides après un Man of Steel qui n’avait pas fait l’unanimité. BvS est sorti et a rencontré le bashing (immérité) qu’on lui connaît, c’est au tour de l’Escadron Suicide de présenter les armes et force est de constater qu’il est cette fois dur de défendre le film. Pourtant, les bandes-annonces avaient l’air si prometteuses…

suicide squad 1Alors que Superman a introduit au public le concept de méta-humain, l’agent Amanda Waller convainc le gouvernement de monter une escouade de super-vilains sous contrôle pour accomplir des missions top-secrètes. Si la mission fonctionne, cela reste secret, si la mission échoue, on met sur le dos de ces super-vilains cet échec. Pour s’assurer leur coopération, on leur implante ainsi à la base du crâne un explosif qui, lorsqu’il est activé, explose et décapite la victime. Et c’est à peu près tout, les enjeux du film sont pauvres et plongent l’équipe dans une unique mission face à des ennemis ratés et cheapos. Le (ou la) bad guy est peu charismatique, les relations au sein de l’équipe peinent à marcher, le background des personnages est lisse, bref on est plongé dans un film qui est arrivé cinq ans trop tard pour réussir à s’imposer. La concurrence faisait la même chose au début, mais c’était il y a un moment et depuis, elle propose des films plus « maîtrisés ».

suicide squad 3Jamais le film ne parvient à raconter une histoire forte et s’attarde constamment sur l’équipe tant le reste est creux. Pourtant, le potentiel était là et le film aurait pu être bien plus prometteur. Si le nerf devait être mis sur le relationnel, pourquoi utiliser ce méchant ? Certes, cela pose certaines questions que le film évoque sans même donner l’impression d’en avoir conscience tant il passe à côté sans arrêt. Il y avait bien mieux à faire et de loin. On arrive ainsi avec un film bateau, un sous-Marvel à la sauce DC (ce que Batman V. Superman n’était clairement pas) qu’une scène post-générique confirme et qui ne parvient jamais à emporter son spectateur. Les méchants héros ne sont pas méchants, l’humour n’en est pas vraiment non plus, c’est pour dire .

suicide squad 2En ce qui concerne le casting, Will Smith en Deadshot reste convaincant même si on y voit beaucoup plus l’acteur que son personnage. Son côté pimp me semble assez malvenu et je n’aurais pas été étonné qu’il sorte le collier avec le gros dollar en or à un moment. C’est regrettable. Margot Robbie nous campe par contre une Harley Quinn  très crédible avec un côté porno cela dit trop exacerbé. Harley vire parfois au vulgaire, certains fans aimeront, d’autres moins mais la performance de l’actrice est plus que reconnaissable. Pour les autres, leur personnage sont à ce point sous-exploités que c’en est rageant. Captain Boomerang est un comic relief passable, alors qu’on sent que l’acteur y met du sien, El Diablo a ses bons moments, surtout à la fin, Katana a cette retenue japonaise mais aurait gagné à être mise en avant,  Cara Delevingne n’est pas convaincante en Enchanteresse et Rick Flag fait militaire décérébré. Et n’évoquons même pas Slipknot tant son personnage est inutile et anecdotique. Bref, vous l’aurez compris, c’est moyen et le manque de développement des personnages mine encore un peu plus notre conviction que nous avons devant nous une véritable équipe.

Voilà, voilà. Comment ça le Joker ? Il est oubliable tant son intérêt a été inséré au forceps dans l’histoire. Son introduction est trop rapide et son côté patron de boîte de nuit camé n’est pas bien fabuleux. De plus, il lui manque ce grain de folie, de malsain, d’humour cynique qui ne nous fera pour l’instant pas encore oublier la prestation fascinante d’Heath Ledger. Sa relation avec Harley Quinn est ainsi complètement hors de propos et complètement en gros décalage par rapport à ce qui se fait en dessins-animés ou comics.

suicide squad 4Au niveau de la réalisation, on ne peut parler de cette dernière sans évoquer l’impact qu’a pu avoir la Warner sur son projet. David Ayer s’est laissé engloutir par un studio terrifié à l’idée de revivre l’accueil qui a été réservé à Batman V. Superman. En résulte un montage hybride entre celui du réal’ et du studio qui rend parfois l’action illisible et propulse le film le cul entre deux chaises. Les reshoots sont flagrants et les scènes d’humour ajoutées ne sont souvent pas drôles. Le réalisateur de Fury nous avait habitué à bien mieux avec une photographie froide et moite qui nous plongeait au cœur de l’action. Il fallait faire un choix entre un film à l’humour acidulé et « what-the-fuckesque » et un film plus sérieux mettant tout de même en scène des méchants à qui la vie n’a fait pas de cadeau et qu’on envoie à l’abattoir. Là, pas de sang alors même que les héros sont des méchants. Les décors sont en outre pauvres et peu inspirés avec des bureaux en open-space, une ville désertique et des stations de métro. Pour la musique, on se retrouve avec un ersatz des Gardiens de la Galaxie et si dans ce dernier, les musiques étaient bien utilisées, on a cette fois plus le droit à une playlist sans identité et cohérence. Gros carton rouge en plus au doublage français qui est l’un des plus nazes depuis très longtemps.

suicide squad 5Et pourtant, pourtant, le film n’a pas que des défauts. Il se laisse regarder d’abord et réussit à avoir quelques belles séquences comme la « création » d’Harley ou la prison Belle Reve en Louisiane. Les fiches techniques qui présentent les personnages sont amusantes et certaines blagues font ricaner, surtout grâce à Harley. Encore une fois, elle ne porte pas le film, n’allons pas jusque là, mais Margot Robbie sauve bien les meubles. Certains easter eggs sont en outre appréciables et titilleront la corde des fans. Le rythme reste soutenu et si la première heure peut sembler un poil poussive, le spectateur est emporté assez vite dans l’action. Ce n’est pas un film marquant avec un avant et un après mais il développe quelque peu le DCCU et lui donne une certaine profondeur déjà (bien) amorcée dans Batman V. Superman. Ne reste qu’à attendre encore une fois la version Director’s Cut s’il doit y en avoir une puisque déjà certains morceaux des trailers n’apparaissent pas dans le film. Ayer pourrait ainsi livrer sa vision du film et sans doute parvenir à nous convaincre. Mais comme avec Dawn of Justice (dont l’Ultimate Cut rattrape bon nombre des défauts de la version cinéma), le spectateur n’a pas à devoir attendre une hypothétique version longue remontée pour vraiment apprécier son film.

L’AVIS DE TsuKi 05/10

TsuKiCe film est un mutant, un monstre tout comme ses personnages. Il ne sait pas réellement ce qu’il est et ce qu’il doit faire et tente tant bien que mal de se trouver un chemin, de prendre à la rigolade une situation dure à l’issue fatale. Mais après tout, il fait le job, il se laisse regarder et vient remplir son objectif, celui de renforcer l’univers cinématographique DC. Mais est-ce une excuse pour nous pondre un film aussi moyen ? Non. Si le spectateur lambda s’en contentera, il ne sait pas que la version comics est bien plus prenante, que le matériau de base était bien plus riche et méritait un film bien meilleur. La déception domine.

Et regardez Assault on Arkham, vous aurez un aperçu de ce que la Suicide Squad peut apporter.

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